Publié le 2 avril 2025

"Agir pour la société" : retour sur la journée-débats menée à Besançon

En réunissant, lors de la journée-débats "Agir pour la société" de nombreux acteurs et observateurs de la société, le groupe La Poste contribue à une réflexion collective globale. Le 21 mars dernier, le groupe La Poste a réuni à Besançon des experts pour une journée-débats intitulée "Quel avenir pour une société de confiance et du lien ?".

Il est nécessaire de repérer les facteurs de progrès, nourrir le lien et se placer du côté des solutions.

"Agir pour la société", et plus encore "Agir pour les territoires et pour toutes les générations" est une journée de débats et de réflexions à l’initiative du groupe La Poste, réunissant des experts, élus et leaders d’opinion de la région pour discuter des grands défis de notre société. Une opportunité unique de décrypter les nouvelles tendances actuelles de la société française et de réfléchir ensemble aux formes que pourront prendre la proximité et le lien dans les prochaines décennies, à l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté. 

Lors de cet évènement organisé à Micropolis - Besançon, Nicolas Routier, directeur général adjoint du groupe La Poste, en charge du Service public et de la régulation pour La Poste, a rappelé l’importance d’un tel forum d'échanges pour le groupe dont l'objectif est d'établir un diagnostic lucide, et d’apporter des améliorations réelles initiées par les débats. 

"En Bourgogne-Franche-Comté, nous sommes dans une région où il fait bon vivre, une région aimée par ses habitants" avance Nicolas Routier. "Pourquoi alors, malgré tous ses atouts, les perceptions négatives telles que l'isolement et la solitude dominent-elles ? Ce qui frappe, c’est l’attente immense en terme de développement des biens communs et la demande de proximité, de liens, de services publics. Alors, comment répondre à cette attente ? Il nous faut comprendre ce qui change, pour savoir comment nous pouvons y répondre."

La Poste répond à des défis considérables et doit, pour autant, continuer de répondre à des besoins de poste. Cela se traduit par une transformation qui a débuté par son nouveau statut, celle d’entreprise à mission, utile à tous. La Poste tisse des liens en contribuant aux biens communs de la société toute entière.

Nicolas Routier

Directeur général adjoint du groupe La Poste, en charge du Service public et de la régulation pour La Poste

Retour sur les tables rondes

Quels "communs" dans une société française en tension ?

Au cours de la première table ronde, Jorge Bras, délégué à l’action territoriale et Kildine Bataille, déléguée au développement régional en Bourgogne-Franche-Comté (BFC) ont redonné le sens du terme "commun". Les communs, ce sont les biens et ressources que nous partageons, que nous devons préserver ensemble aujourd’hui et demain. En somme, ce sont les biens et services vitaux pour la population auxquels chacune et chacun doit pouvoir avoir accès. L’idée est donc de recréer des communs, et faire bouger les lignes.

Le débat s’appuyait sur la présentation d’une étude de la société par Hélène Delahaye, directrice des études et du planning stratégique du groupe La Poste et Marine Lefort, responsable du planning stratégique du groupe La Poste : "Dans cette étude de perception que nous avons menée, vous avez été 250 répondants en BFC, et vous êtes nombreux à dire que vous êtes en manque de contact humain" explique Hélène Delahaye.

Marine Lefort ajoute : "Globalement, vous constatez que le territoire est très attractif, mais vous êtes 36% à penser que la région est un territoire isolé, avec des manques d’accès à des services spécialisés (magasins, soins…). La moitié d’entre vous trouve également que les inégalités entre les ruraux et les urbains se sont largement creusées. C’est un constat d’isolement qui est fait, mais avec une partie des sondés qui pensent tout de même avoir réussi leur vie."

Ludovic Fagaut, premier vice-président du département du Doubs en charge du retour à l’emploi, de l’action sociale et de l’insertion, a partagé sa vision de collectivité avec sa vision des missions de La Poste : "Entre le groupe La Poste et le département du Doubs, nous avons des enjeux communs, ceux de pouvoir être au plus proche de la population pour leur rendre des services.

Agir pour les territoires : être proche ou se sentir proche

Ce type de journée, c'est extrêmement important. Réfléchir sur des sujets de société, avec une confrontation de points de vue est primordiale. Le fait de pouvoir se retrouver et discuter, c'est essentiel.

Pascal Berion

Enseignant chercheur en géographie à l'université de Besançon

Qu’est-ce qu’un territoire aujourd’hui ? Et donc comment se sentir "proche" ? C’est à cette question que les experts de la deuxième table ronde ont répondu. Après une introduction sur la définition d’un territoire par Pascal Berion, maître de conférence à l’université de Franche-Comté, ce fut au tour de Laurent Grandguillaume, directeur délégué chez Freeland et président de Territoires zéro chômeur de longue durée, de prendre la parole : "La Poste mobilise son écosystème pour réfléchir sur des thématiques importantes comme celles d’agir pour la société, et c’est louable ! Aller vers les personnes, c’est ça agir pour la société et le groupe La Poste le fait réellement, avec ses facteurs, factrices et ses services au cœur des territoires. C’est créer le lien, et c’est ça être proche."

Agir pour toutes les générations

La question du bien vieillir était enfin au centre des débats. Bertrand Kauffmann, directeur régional de l’INSEE BFC a expliqué que l’initiative d’un tel forum par La Poste était très utile et éclairant : "Nous sommes à l’aube d’un changement démographique très important où nous passons d’un baby-boom à un papy-boom. La décroissance du nombre d’enfants amène à la transformation de l’âge moyen de la société et devient un réel sujet dont les politiques doivent s’emparer ". 

Jérôme Narcy, directeur du pôle de gérontologie et de l’innovation, est revenu sur la question du bien vieillir : "La bonne nouvelle du vieillissement, c’est que nos aînés ont remporté ce pari extraordinaire du mieux vieillir et plus longtemps. Mais il faut aussi mobiliser d’autres ressources pour évoluer dans une société équitable. La question de l’intergénérationnel est importante, ainsi que la lutte contre l’isolement. Il faut continuer de réunir plusieurs compétences, sur ce genre de format, de journée, pour développer des solutions concrètes".

Il est important de reposer les bases du pourquoi nous travaillons avec La Poste et de ce que nous voulons apporter à nos habitants. Il faut diversifier les rencontres, et pousser à l’épanouissement des personnes. Ce travail est à continuer et il faut aussi réfléchir sur le comment vivre ensemble.

Anne Vignot

Maire de Besançon

La séquence s’est terminée sur le questionnement du bien vieillir auprès de jeunes postiers en alternance : Julien Lefebvre, alternant à la délégation régionale du groupe en BFC, Paul Drouot, alternant à la direction de la communication de la Branche Service-Courrier-Colis BFC et Anisa Sheqiri, alternante chargée de clientèle en bureau de poste à Dijon. A la question "Est-ce que vous êtes heureux en Bourgogne-Franche-Comté ? ", nos jeunes alternants répondent à l’unanimité que oui, et que, pour le moment, ils n’ont pas d’envie d’ailleurs, de partir sur des plus grandes villes comme Lyon, Bordeaux ou Paris. Toutefois, Paul ne s’interdit pas un jour de quitter la Bourgogne-Franche-Comté pour aller à Paris par exemple, car après tout, les "voyages forment la jeunesse !".   

Pour résumer, experts comme témoins, s’accordent à dire que le territoire de la BFC est un territoire sur lequel on nait, on vit et on reste généralement.

Créer du lien entre les générations, les territoires, les personnes, le présent et l’avenir est un enjeu majeur. Selon l’INSEE, la Bourgogne-Franche-Comté est la région la plus rurale de France, et ce vieillissement de la population doit nous permettre de réfléchir aux solutions et aux défis qui nous attendent. Bien vieillir… c’est un mot qui fait peur. C’est bien de vieillir, cela veut dire que l’on n’est pas mort jeune, et c’est une chance ! Il est important de prendre soin de nos aînés et les sortir de leur isolement. Mais il est aussi important de prendre soin de nos jeunes, les faire revenir sur nos territoires lorsqu’ils partent quelques années pour leurs études ou autre. Il faut donc, et c’est nécessaire, plus de liens humains et plus de connexions. La jeune génération à un rôle clé dans la construction des communs de demain. 

Elise Moreau

Présidente du conseil économique, social et environnemental régional

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